La lune

La lune

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Paroles

Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse

Qui d'une main distraite et légère caresse
Avant de s'endormir le contour de ses seins

Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse
Ainsi qu'une beauté, sur de nombreux coussins
Qui d'une main distraite et légère caresse
Avant de s'endormir le contour de ses seins

Le contour de ses seins

Le contour de ses seins

Sur le dos satiné des molles avalanches
Avalanches

Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons

Pâmoisons, pâmoisons, pâmoisons, pâmoisons, pâmoisons
Pa-pâmoisons, pâmoisons, pâmoisons

Pa
Le contour de ses seins

Pa
Le contour de ses seins

Sur le dos satiné des molles avalanches
Avalanches, avalanches, avalanches, avalanches

Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive
Elle laisse filer une larme furtive
Furtive
Un poète pieux, ennemi du sommeil
Ennemi du sommeil

Filer une larme
Ennemi du sommeil

Pâmoisons, pâmoisons, pâmoisons, pâmoisons,
Pa-pâmoisons, pâmoisons, pâmoisons

Filer une larme
Filer une larme

Pâmoisons, pâmoisons, pâmoisons, pâmoisons,
Pa-pâmoisons, pâmoisons, pâmoisons

Filer une larme
Ennemi du sommeil

Dans le creux de sa main prend cette larme pâle
Aux reflets irisés comme un fragment d'opale
Comme un fragment d'opale

Poème original

Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse;
Ainsi qu'une beauté, sur de nombreux coussins,
Qui d'une main distraite et légère caresse
Avant de s'endormir le contour de ses seins,
Sur le dos satiné des molles avalanches,
Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,
Et promène ses yeux sur les visions blanches
Qui montent dans l'azur comme des floraisons.
Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
Elle laisse filer une larme furtive,
Un poète pieux, ennemi du sommeil,
Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
Aux reflets irisés comme un fragment d'opale,
Et la met dans son coeur loin des yeux du soleil.

Adaptation du poème « La Lune » dans le recueil Les Fleurs du Mal, publié en 1857 et enrichi en 1861.

 

CHARLES BAUDELAIRE

 

Portrait de Charles Baudelaire

(9 avril 1821 – 31 août 1867)
Paris (France)

 

Précurseur du symbolisme, considéré comme le fondateur de la poésie moderne, sa vie a oscillé entre le spleen et les plaisirs ; souvent malade et toujours endetté. Ses poèmes furent jugés et censurés pour obscénité, et il mena une lutte constante contre la morale bourgeoise. Il est considéré comme l’un des poètes les plus influents de tous les temps et comme une pièce essentielle pour comprendre la poésie contemporaine.